Le Congrès se rapproche – 04 et 05 juin à Biarritz.
L’organisation de ce congrès est une première pour moi. Le Conseil d’administration et moi-même avons souhaité qu’il soit représentatif de l’ADN de la Fédération.
Vous parler de votre quotidien, vous dire que je suis d’accord avec vous et que nous nous occupons de tout, vous affirmer que tout va bien, ça n’est pas suffisant, et c’est loin d’être le cas. Ça n’est pas non plus ce que vous attendez de nous. Vous attendez que l’on acte ce qui ne va pas, qu’on le dénonce, et que nous soyons force de proposition en portant des solutions pragmatiques, constructives et valorisantes pour la profession. Pour aujourd’hui, et pour demain.
Au Congrès, nous allons évoquer, sans tabou, tous les sujets. Parce que j’ai foi dans les projets que je porte en votre nom, nous allons nous projeter vers l’avenir. Pour nous aider, nous avons fait appel à des experts, à la fois en économie, et dans notre secteur de la santé. Et parce que nous n’avons peur de rien, nous n’hésiterons pas à les challenger, au regard de notre quotidien, des arbitrages qui se présentent à nous, aujourd’hui, notamment les appels d’offre réseaux. Mais pas que….
Echangeons concrètement sur ce qu’est un syndicat, VOTRE syndicat.
Quelles sont toutes les facettes du travail que nous effectuons pour vous représenter, pour vous défendre, mais aussi pour faire la promotion de notre métier ? Vous ne voyez en réalité de cet iceberg, qu’une modeste partie. Il est important que vous puissiez avoir connaissance des parties cachées et moins médiatiques (elles sont aussi parfois plus rébarbatives, avouons-le), parce que c’est ce qui fait mieux comprendre le lien entre les différents dossiers et les positions que nous adoptons.
Echangeons sur la situation économique de notre filière avec des experts qui la connaissent parfaitement. Depuis des années, et au moment même où la loi Leroux fête ses 10 ans, nous subissons les affres des réformes qui s’empilent sur notre écosystème, le fragilisant chaque fois un peu plus. Il est l’heure de faire quelques bilans sur les relations que nous avons tissées avec les financiers et les financeurs, avec les fabricants, avec les 2 autres « O » (ophtalmologistes et orthoptistes), avec les partenaires et avec l’autorité publique, afin que, ensemble, nous « re-dessinions une filière… »
Fort de cette analyse, nous partagerons, avec interactivité entre la scène et la salle, des débats pesés et posés. J’aimerais nous projeter dans les 5 prochaines années, … au moins. Il y a 10 ans, j’aurais eu la prétention de dire 10, mais tout va tellement vite qu’à 5 ans, je pense être raisonnable. Et puis, j’ai la conviction que beaucoup de chose vont se jouer d’ici 2 ans pour les 10 années à venir.
Echangeons sur notre futur, sur les rôles que nous pourrions être amenés à prendre dans les suivis… tous les suivis. Myopie comme tous les autres sujets auxquels nous sommes quotidiennement confrontés. Nul doute que nous avons une place à défendre, inhérente à notre disponibilité permanente, à notre expertise, à notre capacité à recevoir et orienter facilement et sans RDV. Je ne vous cache pas que la bagarre que se livrent nos fabricants sur les verres de freination de la myopie m’interpelle au plus haut point. Je ne voudrais pas que nous soyons, une fois de plus, les « dindons de la farce ». Parce que sous couvert de nouveaux process, il y a un changement de paradigme qui se dessine et pourrait desservir le rôle de l’opticien, qui ne deviendrait qu’un exécutant, et par extension nuirait à notre mission de service public au service du patient. J’espère que les uns et les autres n’oublieront pas que nous sommes les meilleurs experts en détermination du bon verre à préconiser au patient. Sans opticiens, il n’y a plus d’anamnèse et de fait, il n’y a plus besoin de distinction entre les verres. Je n’oublie pas que les fabricants se sont bien gardés de nous demander notre avis sur les verres choisis pour garnir le panier A, niant au passage notre expertise, nos compétences, nos champs de valorisation et, accessoirement, les besoins des patients. Et demain, certains voudraient que le panier A soit valorisé par l’intégration de verre polarisé, en réponse à certaines pathologies ? Ou bien qu’il accueille des verres de freination, parce que, dixit, « si on ne propose rien, on nous imposera pire ! »…. ? Ne rigolez pas, je l’ai entendu et ça a déjà fonctionné une fois. La Fédération propose autre chose. Elle ne s’arrête pas au 100% santé comme étant l’alpha et l’oméga de notre activité. Au contraire, la richesse est ailleurs, pourvu qu’on ne la fuit pas, qu’on n’en ait pas peur, qu’on aille la chercher et qu’on se batte pour. Ce sera ma bataille, mon combat pour vous. Parce que notre autonomie, que l’on soit indépendant ou sous enseigne, en dépend directement. Elle, …. c’est la « prestation rémunérée » !
Ainsi, il n’y a pas que pour la freination de la myopie que nous pouvons être pro-actif. A tout âge de la vie, les raisons ne manquent pas de faire appel aux compétences des opticiens. Le congrès sera l’occasion de le rappeler et de préciser comment la Fédération voit les choses et entend proposer de les mettre en œuvre. C’est concret, c’est factuel, c’est réalisable facilement, sans coût majeur, dans le respect des spécificités de chacun, et au-delà de tout corporatisme.
Et puis enfin, Echangeons, sur notre rapport au travail.
Comment les autres filières envisagent leurs mutations à ce propos ? Comment faire en sorte que nous ne soyons pas les derniers à envisager cette mutation, dont dépend pour beaucoup notre attractivité (et notre activité) ? Parce que poser un mot sur un constat ne suffit pas à résoudre le problème. Ça ne le définit même pas. Un constat, c’est froid, implacable, et en soit, ça ne révèle ni l’origine du problème, ni les solutions. Aussi, fort de ce que la Fédération a fait ces dernières années, fort des échecs de certaines actions communes dans lesquelles elle avait mis beaucoup d’espoir au nom d’une filière unie, la Fédération prend ses responsabilités.
– Elle porte, désormais seule (pour le moment), le projet de traçabilité dans l’intérêt de l’ensemble de la filière. Je vous expliquerai, outre l’historique qui m’a amené à prendre cette décision, la stratégie de développement ultérieur. Pour l’heure, je peux vous assurer que nous sommes attendus, avec attention et intérêts,…
– La Commission Paritaire Nationale Emploi et Formation Professionnelle (CPNEFP), présidée par la FNOF, a lancé 2 grands chantiers depuis février pour l’attractivité du métier. Une étude sur les pratiques de la VAE, et une campagne de promotion du métier. Nous vous détaillerons les principes, les pourquoi, et les comment de ces opérations avec conviction, parce que nous savons qu’elles portent au-delà de tout discours, et de toute posture, des solutions concrètes pour l’attractivité.
– Et puis, le bien-être au travail, pourquoi ne pas évoquer la chose avec Mr Bouzou, même rapidement ? Il est coauteur d’un ouvrage sur l’entreprise comme lieu de l’absurdie, faisant fuir les meilleurs au lieu d’attirer les talents (La comédie (in)humaine écrit avec Julia de Funès). Il pourrait bien remettre en cause nos convictions et nos certitudes. La CNAMS (Confédération Nationale de l’Artisanat, des Métiers et des Services) sera là, pour nous parler plus largement de ce qui se fait ailleurs.
Nous ouvrir à l’autre, « changer de point de vue pour voir le monde avec un autre regard », c’est envisager une problématique sous tous ses aspects pour nous permettre de trouver la meilleure solution à une contrainte. Ce serait un comble que des opticiens n’y parviennent pas !
Bref, vous l’aurez compris, j’ai hâte de partager avec vous, adhérents et non adhérents, ces propositions qui seront détaillées sur place, afin de les mettre en œuvre rapidement.
A très vite
Hugues VERDIER-DAVIOUD